Samedi 23 et dimanche 24 octobre 2004

 

 

Cher Abbé CHOLVIN ou cher Père Joseph

ou, plus court mais plus chaleureux, si vous le voulez bien : Cher Joseph

 

Permettez-moi tout d’abord de remercier Monsieur le Curé qui m’a demandé de m’adresser à vous et me donne ainsi le plaisir d’être l’interprète de tous ceux qui vous entourent aujourd’hui.

 

La retraite, c’est d’une certaine façon «  se retirer de la vie active », mais ce ne doit pas être synonyme d’inactivité. Je prétends vous connaître un peu et je suis persuadé que, s’agissant d’activité, vous n’avez pas besoin de conseils pour l’avenir. Évoquons donc le passé.

 

Quarante et un ans de sacerdoce, cette « fonction qui présente un caractère respectable en raison du dévouement qu’elle exige ». J’aime cette définition que donne le Petit Larousse. C’est bien vrai, et je n’éprouve pas le besoin d’y ajouter ou retrancher quoi que ce soit. Le sacerdoce vous donne le pouvoir d’absoudre et aussi d’opérer la transsubstantiation eucharistique. Certes, mais que d’exigences il comporte par ailleurs. Et j’emprunte chez Bossuet, illustre prélat du 17e siècle, la formule suivante qui vous va bien : « La préparation du sacerdoce n’est pas une application de quelques jours, mais une étude de toute la vie ». Toute la vie ! Une chance pour nous, puisque, selon Bossuet, nous pouvons continuer à en être des bénéficiaires.

 

Cela fait, si je compte bien, 6 ans que vous êtes parmi nous. Vous disiez au départ que vous attendiez « d’être apprivoisé », au sens du Petit Prince de Saint-Exupéry. Vous l’êtes sûrement, et n’en doutez pas, la réciproque est vraie comme pour le Petit Prince.

 

Vous avez le souci profond de la Liturgie, on le sent bien chez vous, et vous désirez qu’elle porte ses fruits en allant au cœur des fidèles. Je ne parle pas en mon nom seulement, sans aucun doute : Ces textes tellement souvent lus et entendus, vous leur donnez, dans vos célébrations et dans vos homélies, l’impact qu’ils n’ont plus actuellement dans notre vie. Merci au nom de tous.

 

Vous avez aussi donné à notre Communauté le meilleur de vous-même, plus particulièrement dans trois activités :

 

Le Service auprès des personnes âgées et des malades, où vos interventions, appuyées il est vrai sur une expérience personnelle, ravivent la volonté de surmonter, dans la confiance, le mal, la souffrance. Merci pour ce dévouement qui exige beaucoup de don de soi, mais où le moindre apport, ne serait-ce que la présence, est tellement apprécié.

 

Autre activité : l’Action Catholique Féminine dont les membres ont beaucoup apprécié votre fidélité. Je vous entends encore me dire : « Il faut que je partage. Cet après-midi je suis pris par une réunion ACGF, vous animerez le MCR sans moi ». Nos amies de l’ACGF aiment, je le sais, votre participation efficace à leurs réunions. Vous êtes proche des soucis quotidiens : C’est tellement important pour comprendre et aider.

 

Enfin je voudrais vous remercier tout particulièrement pour votre participation régulière aux réunions de notre groupe du Mouvement Chrétien des Retraités, réunions que nous avons toujours préparées ensemble. Votre faculté d’écoute, qualité rare, et vos interventions, certes marquées par votre modestie, y sont devenues indispensables. Tous les membres de notre groupe MCR les apprécient, animateurs en tête. Vous les motivez, malgré leur âge.

 

Malades, personnes âgées, ACGF, MCR, jeunes ou vieux, tous les paroissiens de Sainte Jeanne d’Arc ont bénéficié de votre apport et vous en remercient. Nous, dont vous avez ravivé la Foi, avons souvent retrouvé avec vous, le sens du mot « servir », servir en tant que baptisés.

 

En fait, c’est de vos expériences de la vie (et j’ai évité d’en parler) dont nous bénéficions : expérience du monde du travail, expérience auprès de la jeunesse, expérience dans les paroisses.  C’est effectivement du fruit de ces expériences de vie, dont nous avons tiré profit.

 

Vous voyez comme vous êtes apprivoisé !

 

Je dirai pour conclure, que c’est en fait souvent la richesse de votre vécu, qui indirectement et sans être affiché, nous a touchés dans vos interventions, pourtant toujours marquées par votre discrétion et surtout votre modestie.  Vous ne m’en voudrez pas, s’il vous plaît, de l’avoir quelque peu écornée.

 

Bonne retraite mais surtout ne vous privez pas d’une certaine activité, ce serait bien dommage pour tous … Même pour vous ! 

 

 

Et pour finir, M. le Curé et chers amis, je vous propose, même si ce n’est pas coutume en ce lieu, de saluer la retraite de Joseph par vos applaudissements.