![]()
Mon ombre…
Salut à toi ombreuse épouse
Amoureuse
de tout mon corps
Toujours là mais jamais jalouse
Fidèle
comme un amour mort
Dans le fond quand on y pense
Il n’y en a pas tant que ça
Dans toute notre existence
Des
compagnes vice-versa
Elle a toujours suivi mes pas
Épousant mes sombres errances
Elle sera à mon trépas
Célébrant
son indépendance
J’aimerais voir d’autres soleils
Que d’autres fantômes nous croisent
Mais l’ombrage est toujours pareil
Même
pas une ombre chinoise
*
Comme une ombre… (et vice versa)
Elle me mire en transparence
Et je me demande parfois
Si c’est bien à moi qu’elle pense
Ou
à l’autre derrière moi
Son enveloppe floue me frôle
La lumière créant son corps
Quand elle marche elle m’affole
Celle
qui me suit sans effort
Pour un instant je m’imagine
Enlaçant ce corps éthéré
Je la caresse et je dessine
Cette
silhouette admirée
*
« hombre»
Quand les ruelles sont
vides
Et que les arbres sont nus
Mon ombre même se ride
Je deviens un inconnu
Il suffit qu’il
apparaisse
L’astre qui vient au printemps
Pour que mon vieux corps renaisse
Et son double en même temps
Il projette en blanc
et noir
Les ébauches de mes rêves
Ils sont frêles aux feux du soir
Mais si grand quand il se lève
Je me vois dans ce
miroir
C’est ma vie qui se prolonge
Je voudrais aussi y voir
Celle qui vit dans mes songes
Elle passe tous les
jours
Sous une virtuelle ombrelle
Refusant même l’amour
D’une frêle ombre femelle
*